Jeunesse et spiritualité

Pistes de réflexion

D’après les contacts que j’ai pu avoir avec la jeunesse ou avec leurs responsables tout au long de mon ministère et de ma vie paroissiale, force est de constater que les jeunes ne se sentent pas toujours à leur place dans nos communautés.

Ils ne voient pas toujours la pertinence pour eux de venir participer (assister?) aux cultes. Ils disent parfois ne pas trouver ce qu’ils recherchent et ce dont ils ont besoin. Certains prennent alors la décision de s’écarter de l’Église ou de rejoindre des communautés qui leur conviennent davantage. Nous en arrivons alors parfois à une forte concentration de la jeunesse dans certaines paroisses au détriment d’autres qui se meurent faute de trouver des personnes fortes de leurs convictions, capables de prendre le relais.

Que faire alors ?

Comment être Église ensemble si toutes les générations ne sont pas présentes? Comment être Église ensemble si la communication ne transcende pas les générations ? Comment être « corps du Christ » lorsque certains membres sont absents ?

L’objet de ce petit article est de proposer une piste de réflexion dans l’espoir qu’elle permettra d’aider à la compréhension et à l’intégration de nos jeunes.  « Intéressé c’est intéressant »

Dans l’histoire de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, je suis frappé par cette réplique de Jésus en Jn 4.10 : « Si tu savais quel don Dieu veut te faire et qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui aurais demandé à boire et il t’aurait donné de l’eau vive ».

Défi de chaque paroisse 

Je pense que le défi de chaque paroisse à l’égard des jeunes se situe à ce niveau. Arrivons-nous à leur faire comprendre, à leur communiquer quel don Dieu veut leur faire ? Jésus est parvenu à donner soif à la femme de Samarie, et nous arrivons-nous à donner soif à nos jeunes? Arrivons-nous à leur faire prendre conscience de l’importance de vivre une rencontre avec lui ? Arrivons-nous à formuler notre culte, notre vie paroissiale, nos actions dans la société dans un langage qui leur est compréhensible, accessible et qui les interpelle ? Arrivons-nous à créer des ponts pertinents entre un texte vieux (mais non vieillissant) de plusieurs millénaires et leur vie contemporaine, contextuelle avec des besoins qui leur sont propres ?

 J’aime cette image qu’on m’avait un jour formulée pour m’aider à comprendre cette notion : « Si tu te trouves dans un magasin et que tu souhaites acheter des friandises, vers lesquelles se portera ton regard ? Vers celles qui sont éparpillées tristement dans un bocal libre-service, sans emballage, et sans aucune mise en valeur ? Ou est-ce que ton regard ne se portera pas plutôt vers celles qui sont garnies d’un emballage qui met en émoi tes papilles rien que par leur esthétisme et les promesses de saveur qu’elles dégagent ? »

Voilà notre défi, travailler autant à l’enrobage qu’à l’enrobé. Martin Luther avait relevé ce défi à son époque et l’avait remporté en donnant une toute nouvelle dimension aux Écritures qui étaient du domaine de l’inaccessible pour une très grande partie de la population.

Quelques pistes d’application :

Exemples concrets

Voici quelques exemples concrets tirés de mon expérience et de mes études qui donneront, je l’espère, quelques idées pour créer des ponts lors d’une rencontre avec les jeunes (école du dimanche, groupes de jeunes, etc.) :

  • Prévoir une séquence « hameçon » avant de se lancer dans une thématique. Il s’agit de donner envie aux jeunes de participer à la séance par un jeu, sketch, petite séquence vidéo, etc. qui introduit déjà le sujet, qui met l’eau à la bouche.
  • Lors d’un débat ou d’une discussion, partir des connaissances et du ressenti des jeunes avant de partir directement à une phase d’enseignement. Les jeunes ont des choses à dire. S’ils se sentent écoutés et s’ils sentent que leurs avis comptent, ça les connectera au sujet et favorisera l’ouverture de chacun.
  • Créer un espace convivial qui leur parle pour les rencontres. Pourquoi ne pas arranger une salle en leur compagnie afin qu’ils se sentent chez eux et qu’ils s’approprient le lieu ?
  • Avoir un bon mélange entre amusement, enseignement, partage, louange et prière. On apprend énormément par les jeux et ce à tout âge. Ils sont aussi l’occasion de briser la glace et de favoriser discussions et rencontres.
  • Favoriser des sorties en groupe toutes les « x » rencontres. Ça cimentera les relations et créera des liens.
  • Avoir un horaire de rencontres régulier pour maintenir les contacts.
  • Être seul c’est épuisant ! Il faut essayer d’avoir toute une équipe dans ce type de ministère. D’autant plus que plusieurs esprits valent mieux qu’un ! Cela permet un renouvellement des idées.
  • Et surtout !! Se mettre à l’écoute des jeunes. Qui mieux qu’eux-mêmes pourraient nous expliquer leur situation de vie et le monde dans lequel ils vivent. S’intéresser aux autres éveille aussi l’intérêt. Pourquoi ne pas leur demander clairement les sujets qu’ils aimeraient aborder ?

Je terminerai par un verset qui j’affectionne ainsi qu’une question de réflexion :

« Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. » (Mc 10.14b).

Les empêcher de venir à lui, n’est-ce pas aussi ne rien faire pour leur faciliter cette rencontre ?

 

David MOULINASSE, diacre de la jeunesse du district Brabant francophone

 

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