Luc Lukusa : Un amour déçu

Article paru en novembre 2011 republié dans le Mosaïque de décembre 2016.

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Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne que je n’aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand j’espérais qu’elle produirait des raisins, a-t-elle produit des fruits puants ? (Esaïe 5.4) L’amour est une force incroyable. Il fait dilater les cœurs, fait rire, transforme des vies, des personnalités, vainc les convictions les plus ancrées, surmonte les barrières culturelles ; mais aussi il fait souffrir, fait pleurer, fait crier, fait même mourir. Il ne laisse aucunement les être engagés indifférents, ni insensibles. Sans vouloir le justifi er, je constate que les cas où l’amour s’est transformé en haine sont courants Je me suis alors souvent demandé comment ceux qui hier encore s’aimaient peuvent-ils devenir à ce point ennemis et nourrir une haine féroce l’un envers l’autre ? C’est que ces deux sentiments sont proches l’un de l’autre. La déception est bien souvent à la hauteur de l’amour qu’on a donné. En nous intéressant à la relation de Dieu avec son peuple, dans ce chant d’amour du prophète Esaïe, il y a un peu de la déception, de l’incompréhension dans l’air, il y a comme un amour déçu. Un amour déçu ! Dans la première strophe de ce chant (v. 1-2), le bien-aimé a choisi pour sa vigne un terrain excellent, il y a travaillé : retourné la terre, enlevé les cailloux ; il a crée des conditions favorables afin que sa vigne soit productive. Il a même construit une tour et un pressoir pour recueillir du vin. Il est plein d’espoir de voir bientôt sa vigne à laquelle il a consacré tant d’amour lui rapporter un grand cru. Hélas, la chute est brutale, violente, et prend les auditeurs par surprise. Le chant se termine sur une note inattendue, décevante : la vigne n’a produit que des raisins amers, mauvais, puants. Tous comprennent la déception et la souffrance du bien-aimé, la douleur d’un amour trahi. « J’avais fait tout ce qu’il fallait faire. Et pourtant les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Pourquoi ? » On sent la déception, l’incompréhension, la tristesse et la colère. Le jugement pointe à l’horizon, car le bien-aimé va procéder à la déconstruction de ce qu’il avait accompli. Le verset 7 est la clef de compréhension de ce chant d’un amour déçu. En effet, la vigne c’est la maison d’Israël, le bien-aimé, c’est Dieu qui a tout donné, tout fait en faveur de son peuple. Entendre cette parole aujourd’hui. Que peut signifier pour nous ce chant d’amour du bienaimé pour sa vigne ? Plusieurs ouvertures dont celles-ci : Premièrement, le Seigneur est vivant, il aime son peuple. Il n’est pas indifférent à ce qui se passe sur notre terre et dans son Eglise, son peuple. Pierre écrira « vous êtes le peuple de Dieu » (1Pi 2.10). Ensuite Dieu a tout fait, il a donné à son peuple le cadeau par excellence : son Fils, Jésus-Christ et le Saint Esprit. Oui, le Seigneur nous a donné son Fils pour que la vigne que nous sommes produise du bon fruit. Il nous a donné son Esprit Saint pour que nous portions du bon fruit à sa gloire. Dieu est en droit de se demander : « Aujourd’hui, en 2011, que fait mon peuple du Fils et de l’Esprit Saint que je lui ai donnés ? Mon peuple les laisse-t-il agir en lui et à travers lui ? Que fait-il quand ils lui parlent ? Ecoute-t-il, obéit-il ? Répond-il à mes rendez-vous ? Ou bien trouve-t-il mille et une raisons pour préférer d’autres maîtres à moi ? Suis-je celui qu’il préfère à tout autre ? Quand je l’invite au dialogue, à la prière individuelle ou collective, que fait-il ? Parfois je le fais passer par des chemins difficiles afi n qu’il crie vers moi ; non, il préfère se battre tout seul jusqu’à épuisement, jusqu’au dégoût, jusqu’à l’abandon. J’attends le fruit de la repentance ; il est assez habile pour se justifier, pour justifier son péché, il refuse de se repentir, car, pense-t-il, que c’est démodé. Quand je l’invite à témoigner, il se tait. Il n’ose rien entreprendre, il a peur. Mon peuple, je t’invite à prendre conscience de qui tu es, de qui je suis, et de porter du fruit. Tu découvres à travers ce chant que je donne richement, que je m’investis pour mon peuple et que j’en prends soin. Apprends aussi que je peux retirer ces soins. Sache aussi que se prétendre peuple de Dieu et rester les bras croisés ne correspond pas à la vocation que je t’ai adressée, ni à l’identité que je t’ai donnée laquelle t’invite à vivre en cohérence avec ce qui fonde cette identité : deviens qui tu es. Les fruits de ta relation avec mon Fils et mon Esprit Saint restent un indispensable lieu de vie pour la foi. Sans faire fructifier ce que tu as reçu, c’est faire preuve d’incohérence. Porte donc des fruits !

Pasteur Luc Lukusa

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