Aujourd’hui, c’est pour moi le jour des adieux.
Adieu en tant que président, adieu en tant que pasteur actif.
Au cours de mes quelques 25 années en tant que pasteur paroissial, puis de mes 13 années en tant que président du synode, j’ai reçu énormément. Une confiance immense. Les rencontres sont innombrables, l’amitié vécue inestimable, l’amour reçu irremplaçable.
Un privilège.
J’ai tellement reçu. Un grand privilège. Même dans les aspects difficiles de ce travail varié, comme en cas de conflits internes à l’Église, tenter de mettre les gens sur la voie de la réconciliation, comprendre leurs craintes quant à l’avenir de leur communauté, accompagner des personnes dans les décisions difficiles, défendre les intérêts auprès des différentes autorités civiles…
Et maintenant, après tout cela, après avoir présidé toutes ces réunions, après avoir prêché avec ferveur, après avoir donné d’innombrables conférences, discours et allocutions, je m’arrête aujourd’hui… pour exprimer ma gratitude. Je suis un homme privilégié. Et j’en suis conscient. Un homme béni, à bien des égards.
Au cours des derniers mois, quatre adieux m’ont été faits : d’abord par l’assemblée synodale lors de ma dernière séance plénière ; puis dans le cercle intime par la merveilleuse équipe motivée de l’EPUB de la Maison du protestantisme ; ensuite par le Conseil synodal (très chaleureusement) et enfin (également très chaleureusement) par le Conseil central du Conseil administratif du culte protestant évangélique. Toute cette reconnaissance sincère et surtout le fait de se sentir si aimé, cette profonde chaleur, cela touche profondément.
Au cours des derniers mois, quatre cercles m’ont fait leurs adieux de manière très affectueuse. Je sais que j’ai une autre réputation, mais à chaque fois, je restais sans voix. Toute cette reconnaissance sincère et surtout le fait de se sentir tant aimé, cette chaleur intense, cela touche profondément.
Et maintenant, je me retrouve ici, à nouveau ému.
Ce que vous êtes, qui vous êtes, vous le devez aux autres.
Wie je bent, ben je door anderen. Dat geldt zeker voor mij.
J’ai toujours voulu devenir pasteur, même quand j’étais petit garçon, avec passion même. Souvent, les gens passionnés entraînent les autres dans leur sillage. Chère Ingrid, nous n’avions que 17 ans lorsque nous nous sommes rencontrés sur la pelouse de la petite église protestante de Renaix. C’est pour toi que je suis venu en Belgique… et à travers moi, l’Église a eu pour toi une réalité quotidienne très intense.
Il y aurait beaucoup à dire, mais ce n’est pas nécessaire ici. Merci pour tout.
Pour conclure, je tiens à vous faire part d’un souhait qui m’est très cher.
Wij zijn een verenigde kerk.
Nous sommes une Église unie. J’espère que tous les membres de l’EPUB continueront à en chérir la valeur en ces temps tumultueux marqués par une violence effrénée, des généralisations éhontées, la pensée unique, la discrimination latente et même ouverte, la manipulation impitoyable et d’autres absurdités.
Notre Église est née d’une fusion de divers courants confessionnels. Une telle Église unifiée est unique, même à l’échelle mondiale. Elle ne représente que 7 % du Conseil œcuménique des Églises. Et parmi ces Églises unifiées, l’EPUB fait partie des pionnières en matière de diversité interne. Et c’est très bénéfique. Contrairement aux communautés confessionnelles, l’accent n’est pas mis sur la distinction entre « les autres » et nous, ni sur la définition précise de ce que nous croyons ou ne croyons pas, mais sur le fait de toujours continuer à dialoguer les uns avec les autres. Cela semble simple, mais ce n’est pas le cas.
Une Église unie a pour credo : toujours continuer à dialoguer les uns avec les autres. Cela a des conséquences énormes sur la manière d’être Église : sur l’espace réservé à diverses images de Dieu, sur l’ouverture à la société et sur des choix très divergents en matière d’éthique (personnelle).
La vie d’autrui est pour moi un domaine sacré. Je m’en abstiens. Pour nous, être une Église signifie : s’entourer, fournir du matériel, questionner, écouter, réconforter, interpeller, débattre, afin que, nourri et enrichi par la discussion, les arguments, les sentiments exprimés, chacun puisse faire son propre choix, en toute conscience, dans sa vie unique.
Le dialogue comme forme fondamentale de la foi.
Croire est un verbe.
C’est là notre identité profonde.
Et nous traduisons cette identité fondamentale dans la société.
Ce n’est pas un hasard si l’EPUB est l’une des rares organisations non communautarisées de notre pays.
Nous sommes une Église nationale. Et ce n’est pas un hasard. Dans un pays marqué par de nombreuses fractures, nous nous soutenons mutuellement. C’est un témoignage très fort et un modèle de société qui, à mon avis, est le seul à avoir un avenir.
Cela semble simple, mais j’espère sincèrement que nous continuerons à le chérir activement ensemble.
Car cela ne va pas de soi.
D’où mon souhait.
Merci à consécutivement Geert Lorein et David Vandeput pour notre relation fraternelle et la bonne collaboration au sein du Conseil Administratif du Culte Protestant et Evangélique. Ce fut un plaisir de travailler ensemble en tant que coprésidents.
Merci à tous les responsables des cultes reconnus et de la laïcité organisée.
Merci pour toutes ces consultations, les réunions préparatoires, les échanges de courriels, toutes ces visites communes aux nombreux cabinets ministériels… Ce fut un honneur et une expérience particulièrement enrichissante de faire partie de votre cercle. Merci à vous tous pour tous ces bons souvenirs.
Enfin. Beaucoup me demandent ce que je vais faire maintenant. Je ne vais pas commencer à écrire mes mémoires. Du moins, pas pour l’instant. J’ai beaucoup de livres à lire, plusieurs choses que je n’ai pas eu le temps de faire depuis des années. Et surtout, Ingrid et moi avons quatre petits-enfants.
Le ministère pastoral était exigeant, la présidence ne l’était pas moins.
C’est pourquoi je voudrais conclure en disant : « Mias, Pauline, Tillé et Cécile, Grand-Père arrive ! »
Merci, merci au Conseil synodal, aux anciens membres, aux membres actuels.
Merci à toutes les paroisses.
Merci à tous.
Merci à toute l’EPUB, merci beaucoup, merci à tous.
Soli Deo Gloria.

