L’Eglise comme une source : une méditation de la pasteure Laurence Flachon

Chaque communauté invente ses moyens de maintenir le lien pendant le confinement. L’église du Musée, à Bruxelles, a choisi de réaliser des cultes-podcasts. Les pasteur.e.s offrent aussi des méditations sur le blog. La méditation suivante porte sur la place de l’Eglise en nos cœurs en ces jours de désert. Un beau texte à partager avec vous.

 

Le confinement a fait fleurir les initiatives créatives en matière de transmission de l’Évangile. Dans toutes les Églises, les moyens technologiques servent non seulement à diffuser mais encore à repenser la manière dont les messes, les cultes, les moments spirituels sont conçus.

 

La Parole trouve toujours un moyen de se faufiler.

 

Pensons à la vision du prophète Ézéchiel (47, 1-12) où il décrit un Temple de Jérusalem flambant neuf, aux proportions idéales, afin de redonner courage à ceux qui sont en exil pour “l’après”, quand ils rentreront. On peut à nouveau sentir la présence de Dieu dans cet édifice assure le prophète.

 

On peut imaginer que certains espèrent retrouver la sécurité familière de “l’avant”.

Les rites immuables, les habitudes…

 

Mais après une crise majeure, les choses ne sont plus comme avant. Pour personne.

Et pour le signifier, le prophète signale quelque chose qui s’échappe du bâtiment
majestueux.

 

Une source.

Une source qui purifie, rend la vie possible, fait fleurir le désert, procure de la
nourriture, guérit…

Une source qui est aussi un symbole : celui de la Parole ou de l’Esprit de Dieu.

Une source qui abreuve donc également notre terre intérieure, la nourrit et la rend
féconde.

 

Auparavant, on montait au Temple pour recevoir les bienfaits du Seigneur.

Désormais, la vie que la Parole de Dieu fait surgir rejoint également le pays et ses
habitants dans leur environnement quotidien.

Et ce que nous vivons en ce moment, nous rappelle ce mouvement nécessaire.

Cette “échappée” nous la redéployons en ces temps de confinement plus
sûrement, plus systématiquement et de manière plus créative que quand nous n’y
sommes pas contraints.

 

Nous voudrions parfois que nos vies de foi ou que nos Églises ressemblent à un
temple aux proportions parfaites où tout serait cadré et maîtrisé. Où les gens viendraient nous rejoindre “naturellement”.

 

Un endroit où nous aurions la certitude de trouver la présence de Dieu selon nos
désirs, et où nous pourrions discourir sur Dieu… mais l’eau, alors, serait stagnante et le danger du repli sur soi à nos portes.

 

Le prophète Ézéchiel et Jésus lui-même parlent d’une eau vive, c’est-à-dire d’une eau qui porte la
vie, une eau qui se répand dans le monde et qui lutte contre les forces de
stérilité, d’intolérance, de mort qui sont à l’œuvre.

 

La vitalité de notre vie de foi se joue sans doute dans cette capacité à rester
dans le mouvement, à la rencontre de l’A/autre.

 

Seuls les vivants ont le privilège -parfois douloureux- et la joie de changer.

 

Laurence Flachon

https://www.eglisedumusee.be/

Retrouvez sur notre site les prières et les cultes du confinement.

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