Violances au Kivu

La plupart des reportages sur l’Est du Congo donne le ton avec cette phrase :

“L’Est du Congo, une belle région, riche en richesses naturelles mais déchirée par la violence continue.”

Cette phrase décrit la situation au Kivu depuis trop longtemps. Si longtemps que l’on a peut-être oublié les raisons du conflit et de cette violence. Mais, à la fin de 2018, survint un signe inattendu de reconnaissance pour les victimes de violences de guerre : le Dr. Denis Mukwege et la militante des droits humains, Nadia Murad, ont reçu le prix Nobel de la paix pour leurs efforts visant à mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre et de conflit armé.

Solidarité Protestante se réjouit de cette reconnaissance car, depuis 2007, nous aidons les victimes de la violence au Nord et au Sud-Kivu. C’est un encouragement pour toutes les organisations qui s’engagent à éradiquer les violences sexuelles contre les civils durant les guerres.

Suite au prix Nobel de la paix, Solidarité Protestante va tenter d’analyser cette violence et ses conséquences sur la population, dans une série d’articles intitulée “Les femmes à la guerre : le Kivu”. Toutes les deux semaines, un article qui traitera d’un thème spécifique sera publié sur leur site web.

Dans le premier article, nous approfondirons les causes de la guerre. Le conflit dure depuis plusieurs décennies. Nous pourrons établir le lien entre diverses guerres qui se sont succédé dans les années 90. Leur impact jusqu’ à nos jours fera l’objet de l’article du 10 mars.

Cette violence entraîne de nombreuses conséquences physiques. Les femmes sont violées et mutilées avec toutes sortes d’objets. La population ne se sent pas en sécurité et fuit sa région natale… Les mutilations et les maladies telles que le sida représentent une cicatrice permanente. L’article de fin mars portera sur les souffrances physiques de la population.

Le mois suivant, deux articles approfondiront notre réflexion. La violence sexuelle se perpétue faute de mesures punitives appropriées, à la fois dans la société civile et dans l’armée. Il règne une incroyable indifférence et même un peu un sentiment de banalisation. Pourtant, sans justice, aucune réconciliation n’est possible. C’est l’un des obstacles à une paix durable. L’injustice et impunité constituent les thèmes du troisième article.

Outre les conséquences physiques de la violence, existent également des signes invisibles de cette violence : les traumatismes et les différentes séquelles émotionnelles et psychologiques. Nous en parlerons dans le quatrième article. C’est le domaine où s’engage Solidarité Protestante. Avec les assistants psychosociaux, elle apporte un soutien psychologique aux victimes.

Les articles cinq et six traiteront des causes de la violence sexuelle mais aussi d’autres formes de violence dans la société et de leurs conséquences pour les générations futures. C’est un cercle vicieux: la violence appelle la violence et la génération actuelle n’a d’autre référence que la violence.

Dans le dernier article, qui paraitra le 10 juin, nous détaillerons comment Solidarité Protestante tente de réagir aux causes, mais également aux conséquences de la violence. Nous pouvons nous demander si, dans un contexte aussi instable, notre contribution importe ou non. “Les mères du Kivu », notre tout dernier article vous l’apprendra.

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