Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le Royaume pour Israël ? – Méditation ProFest 26

Méditation célébration finale

Marc 4: 26-29 – Actes 1: 4-11

 

« Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le Royaume pour Israël ? » (Ac 1:6)

N’entend-on pas résonner ici une certaine inquiétude ?

N’entendons-nous pas ici une formulation qui révèle l’insécurité des disciples face aux temps nouveaux qui viennent de s’ouvrir ?

Pourtant, voici 40 jours que l’événement pascal a eu lieu : pendant 40 jours, les disciples ont vécu, marché, mangé, échangé avec le Christ Ressuscité, notamment sur la question du Royaume de Dieu, voilà qui aurait pu les rassurer et les réjouir.

Or,  ce jour, le Christ les ramène au Mont des Oliviers (v12) !

Le Mont des Oliviers ! ..

Au moment où il s’apprête à les quitter, Christ retourne avec ses disciples dans le lieu où ils l’ont abandonné au soir du jeudi saint ; on peut comprendre l’inconfort des 12 … et là, il leur demande d’attendre l’accomplissement de sa promesse : la venue de l’Esprit Saint.

En les ramenant en ce lieu douloureux, Il leur donne pourtant à comprendre que leur histoire commune ne s’est pas arrêtée sur cette défection, sur leur abandon, mais qu’elle repart avec un paradigme nouveau : la force de l’Esprit qui ouvre des horizons nouveaux.

 

Alors, pourquoi cette question inquiète et – finalement – déplacée ?

« Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le Royaume pour Israël ? » (Ac 1:6)

Le Christ a parlé avec eux du Royaume de Dieu pendant 40 jours, et eux parlent de « rétablir le Royaume pour Israël »

Là où le Christ ouvre à la nouveauté que Dieu inaugure dans les existences de chacun.e, les disciples parlent de «rétablir pour Israël » : revenir à ce qui a existé dans le passé, revenir à un trône fixé, à un royaume politique où ils pourront être libres, autonomes, indépendants, où ils pourront régner sur quelque chose de maîtrisé car connu. Et ils souhaitent cela pour MAINTENANT.

 

Patiemment, avec compréhension, Jésus leur déploie à nouveau l’horizon pour qu’ils arrivent à y prendre place : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité » (Ac 1 :7)

Le temps appartient à Dieu, tant dans sa dimension linéaire («les temps – de Chronos » le temps qui s’écoule) que dans son surgissement. («les moments- de Kairos » l’occasion qui surgit et qui doit être saisie) –

Tout ceci réside dans les mains de Dieu, lui appartient, participe de son Mystère et appelle notre discernement, notre écoute et … notre confiance.

 

Le temps qui appartient à Dieu va vers l’avant, vers son accomplissement, dans un déploiement de sa Présence qui accompagne les changements, les opportunités et prépare l’accomplissement à la fin des temps.

« L’Avenir est entre Tes mains » proclamons-nous en cette journée de fête, en le déclinant de multiples façons. Alors, saisissons-nous de la question que ce texte nous offre en ce jour de l’Ascension : quel est notre rapport au temps ? Est-ce un rapport anxiogène ou un rapport confiant ?

Les disciples semblent être dans un rapport anxiogène au temps, cherchant à retrouver une forme de contrôle, de maîtrise (et l’on ne pourrait leur lancer la pierre), là où le Christ invite pourtant à un rapport confiant.

 

Et nous ? Qu’avons-nous échangé et découvert pendant les discussions et ateliers de ce jour ? la question de l’au-delà, la préoccupation éco-théologique, l’avenir vu par les jeunes, l’avenir de notre EPUB aussi … tout cela parle de notre rapport au Temps…de la manière dont nous voyons notre place, notre contribution au témoignage de l’Eglise dans un monde stressé, qui s’emballe médiatiquement, politiquement, et broie les petits dans son fonctionnement !

Comment pouvons-nous « évangéliser » notre rapport au temps en le considérant à l’aune des paroles, du ministère, de la vie, la passion, la mort et la résurrection du Christ, pour faire voir de quel Dieu de grâce nous vivons?

Car notre vie et notre rayonnement personnel, familial, communautaire et ecclésial sont marqués par la manière dont nous nous situons face au temps que Dieu déploie devant nous : rappelons-nous que, dans la Bible, Dieu déploie un temps linéaire, avec une perspective, une destinée, un but, qui nous extraie, nous sauve de la répétition destructrice du temps cyclique où « le même » revient sans cesse, écrasant les jours et nos vies, empêchant toute épaisseur et toute saveur, un temps cyclique qui nous happe, sans espoir de surgissement de neuf !

La Bible nous oriente vers un accomplissement, dans lequel Dieu sera tout en tous.

 

Et dans cet « entre-temps », notre route est jalonnée de ces surgissements (Kairos) que Dieu nous prépare pour y être sel de la terre, lumière du monde, porteurs de Son Esprit, acteurs de paix, de réconciliation, porteurs d’amour et d’une Parole qui fait vivre.

Pour cela, il faut renoncer à vouloir contrôler, maîtriser, faire ressurgir un passé aujourd’hui « dé-passé », mais entrer dans la confiance que Lui reste Maître du Temps et que les choses se font à Son rythme, selon Sa Volonté. Il n’est pas question de passivité ou de désengagement – Juste d’accorder nos pas aux siens – parfois accélérer, parfois ralentir –

Comme dans la parabole de Marc 4, il est question de confiance, de laisser la semence jetée en terre croître sous la maîtrise du Dieu de la Vie. Il est question de laisser le Maître du Temps faire pousser l’herbe, l’épi et le blé .. MAIS être là quand le fruit est mûr, pour le récolter.

Le Temps appartient à Dieu, qui donne vie et accompagne les projets, les actions et leurs mises en œuvre.

Ce qui nous appartient, en tant que croyants et comme EPUB, c’est l’écoute, le discernement en Eglise, la fidélité, l’obéissance, la joie dans le service commun d’être témoins aux extrémités de nos terres.

L’Esprit promis nous sera donné !

Amen

Pasteure Isabelle Detavernier

Présidente EPUB

 

 

 

 

 

 

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