« Celui qui vous touche touche la prunelle de mon œil. » (Zacharie 2,12)

Cette parole de Zacharie accompagne encore mes réflexions et ma prière après les riches rencontres et échanges vécus lors de la retraite spirituelle et stratégique à Ucimont en mars dernier.

La prunelle de l’œil est une image plurielle.

D’une part, parce qu’elle est précieuse et fragile, que nous la protégeons instinctivement, elle symbolise la valeur que l’on accorde à quelque chose ou quelqu’un. Nous sommes la prunelle de l’œil de Dieu : une magnifique déclaration qui exprime comment Dieu regarde son peuple, quelle confiance il place en chacun et comment il s’engage à prendre soin de nous.

D’autre part, elle nous parle du regard : à travers la prunelle, la lumière entre et le monde devient visible, lisible, perceptible.

J’aime ce paradoxe étonnant : la pupille, partie la plus sombre de l’œil, permet pourtant que la lumière passe et que la vision s’opère.

Quel processus essentiel se déploie au travers de cette petite ouverture : la lumière traverse un point sombre, pénètre dans une intériorité et ouvre à la vision !

Dans ce point noir se joue le passage de la lumière et le monde devient visible.

Être la prunelle de l’œil de Dieu, ce n’est pas seulement être protégés par Lui mais aussi comprendre que nous sommes le lieu par lequel Son regard entre dans le monde.

Si dans un corps, la pupille est le point où tout le regard se concentre, dans la société certains lieux deviennent des espaces où l’on apprend à regarder autrement. Et j’aime penser que l’Église est aussi appelée à être cela : un lieu de regard vers Dieu et vers le monde, où l’on prend le temps de voir, où l’on apprend à discerner, où l’on cherche ensemble ce qui est vivant et appelé à l’être toujours plus.

Là où des femmes et des hommes acceptent d’ouvrir leur regard et leur cœur, le regard de Dieu trouve à nouveau un chemin dans le monde.

Alors exprimons notre reconnaissance d’être la prunelle de Son œil, pour ce que cela représente pour chacun.e de nous individuellement et comme peuple, mais aussi pour ce que cela représente comme mission à discerner.

 

Pasteure Isabelle Detavernier,

Présidente du Conseil synodal de l’Église protestante unie de Belgique

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