Du 16 au 20 mars 2026, une quarantaine de participants venus d’horizons théologiques et géographiques variés se sont réunis à Ucimont, pour un stage de réflexion stratégique sur l’avenir de l’EPUB.
À l’ère post-moderne, toutes les entités de la société sont confrontées aux défis d’adaptabilité et de flexibilité. L’Église n’est pas en reste. Les réalités locales de l’EPUB sont très variées, que ce soit sur le plan linguistique, administratif, ecclésial ou théologique. En plus de la pénurie de vocations pastorales, il y a aussi le vieillissement des non-pasteurs qui s’engagent à tous les niveaux dans l’Église. Ce constat-besoin a été aussi mis en exergue par les résultats d’une enquête sur le terrain : le “think tank”.
Dans la dynamique de répondre à ces besoins, répartis en plusieurs groupes par les facilitateurs, les participants ont travaillé autour d’environ 30 ateliers, y compris les sessions en plénière, sans compter les moments spi animés par Isabelle Detavernier (la présidente du Conseil Synodal) à partir des livres des prophètes Aggée et Zacharie.
Ce travail de laboratoire s’est fait à partir des principes de l’intelligence collective. Éric Heintzé souligne que cette dernière est un moyen de déconstruire les stéréotypes et d’ouvrir de nouvelles perspectives. De manière concrète, les facilitateurs ont utilisé le processus de l’itinéraire U, qui se déroule comme suit : Découvrir, Discuter, Développer, Prototyper, Démontrer.
Pendant trois jours et demi, de nombreuses idéess ont été explorées. Un travail de sélection nous a conduit à 18 idéess opérantes, dont trois ont pu être plus explorées et prototypées en trois axes. Axe 1 : « Une Église appelée pour notre temps ». Axe 2 : « Une Église capable de répondre à son appel ». Axe 3 : « Une Église dont la vie incarne de façon visible ce qu’elle confesse ». Ces trois axes constituent aussi trois cadres éthiques en deçà desquels personne ne veut aller, suivi des horizons de transformation et de rédemption, avec la formulation des objectifs simples, mesurables et atteignables dans le temps. Toutes les idéess issues de ce parcours constituent une véritable base de données, qui assurément vont susciter et enrichir nos réflexions dans les champs du témoignage et de l’annonce de l’Évangile dans et en dehors de l’Église.
Revenons sur la méthode pour préciser avec les facilitateurs que l’intelligence collective est aussi comme un chemin, une marche en pleine nuit où on a juste la petite lampe frontale, qui nous offre une visibilité sur quelques pas. D’où l’invitation au lâcher-prise, qui consiste ici à accepter de ne pas savoir la suite ; d’oser le pas de la confiance afin qu’advienne le soi dont parle l’Évangile et qui est toujours à découvrir. En sortant des cadres de pensée habituels, les participants ont pu observer des choses nouvelles, avec 100% de participation et 100% d’engagement. Chaque idées partait de l’expérience, du vécu ou du contexte des participants. Les tours de table ont permis à chacun d’exprimer sa voix, ce qui est vital au processus.
En somme, l’itinéraire en U a permis aux participants de décloisonner les chapelles et les savoirs, d’instaurer un dialogue contradictoire et constructif fondé sur des vécus, des contextes, nécessitant une rigueur méthodologique et un protocole clair. Ce processus encourage le partage, valorise chaque individu et renforce l’engagement des participants. Il stimule ainsi la motivation, la cohésion sociale et l’épanouissement personnel, voire communautaire. Je plaide pour sa vulgarisation de ce processus à l’échelle des districts et des paroisses. Peut-être que cette approche pourrait aussi contribuer à pallier la pénurie de vocations et d’engagements.
Past. Frédéric Teulé
