En mars dernier, j’ai eu le privilège de participer à une retraite de l’EPUB, avec mes collègues de la faculté francophone et d’une vingtaine de pasteurs et de collaborateurs représentant l’ensemble de l’Église. Pour moi, ce fut une expérience particulière : une première rencontre intensive avec l’Église que je sers en tant que doyen de la faculté néerlandophone depuis le 1er janvier.
Nous avons suivi un processus structuré d’analyse stratégique. Cela peut sembler austère, mais en réalité, il s’agissait de quelque chose de bien plus profond : essayer ensemble de comprendre où nous en sommes en tant qu’Église, et où nous sommes appelés à aller. Comment une Église relativement petite peut-elle rester présente et vivante dans une société complexe ?
Ce qui m’a frappé, c’est la volonté d’écouter. Non seulement les uns les autres, mais aussi ce qui se présente dans le contexte dans lequel les paroisses et les pasteurs travaillent. La diversité des expériences était grande, mais il y avait aussi un terrain d’entente clair : un désir d’être une Église présente de manière significative, attentive à la ville et à la société, à la recherche de sens et à l’accompagnement spirituel.
Ce qui m’a peut-être encore plus frappé, c’est la diversité des croyances au sein de l’EPUB, qui est une Église d’une grande diversité. Aux Pays-Bas, lorsque les différences sont trop grandes, la scission ne tarde pas à se produire. Il est évident que des tensions peuvent parfois surgir entre les différentes composantes de l’EPUB, mais il s’agit d’une Église unifiée. Cela exige le dialogue et la tolérance les uns envers les autres. Et c’est très beau à vivre.
La formation théologique ne peut être fructueuse que si elle reste en lien avec la pratique ecclésiale dans toute sa diversité. C’est pourquoi cette retraite n’a pas seulement été pour moi une prise de contact pour moi, mais une confirmation de la direction que la Faculté souhaite prendre. Nous voulons relier plus étroitement la formation à la vocation concrète de l’Église aujourd’hui. Cela implique notamment de prêter attention aux nouvelles formes de ministère, aux contextes urbains, à l’accompagnement spirituel et aux apprentissages tout au long de la vie. Les pasteurs et les agents pastoraux évoluent de plus en plus souvent au sein de réseaux et de projets, et demandent une formation adaptée à ce contexte.
Ce qui m’a donné de l’espoir pendant cette retraite, c’est l’énergie et l’engagement avec lesquels ces questions ont été abordées. La volonté de chercher ensemble, de partager nos expériences et de ne pas éluder les questions difficiles montre que l’EPUB souhaite être une Église en apprentissage. Une Église qui va vers les autres, non seulement pour gagner des fidèles, mais aussi pour être au service là où l’on a besoin de nous. C’est là une grande force.
La FPTR souhaite être un partenaire dans ce processus. Non pas en tant qu’instance fournissant des réponses venues de l’extérieur, mais en tant que communauté d’enseignants et d’étudiants qui, avec l’Église, continue à rechercher des formes de théologie compréhensibles et responsables. La formation et l’Église ont besoin l’une de l’autre : sans l’Église, la théologie perd son ancrage ; sans la théologie, l’Église perd une partie de sa capacité de réflexion. Nous voulons pouvoir inspirer, mais aussi être inspirés.
La très bonne formation en ateliers a déclenché un processus de réflexion qui n’a peut-être pas encore abouti à une stratégie entièrement nouvelle, mais qui a donné une orientation, s’appuyant sur trois projets : le renforcement des liens entre les pasteurs, une plus grande ouverture sur le plan social et une meilleure organisation des pasteurs et des finances. Ils ont renforcé notre conviction que, malgré les incertitudes et les changements, nous pouvons continuer à avancer ensemble – en apprenant, en cherchant et en espérant.
Dr. Goos Minderman
Doyen de la Faculté protestante néerlandophone de théologie et d’études religieuses
