Culte de consécration nationale de Yann Gabel – Michel Gazon – Emmanuel Byiringiro

Dimanche 31 mai 2026 – Charleroi

 

Les vases de terre  – le vin du Royaume

II Cor 4 : 5-11 – Jean 2 : 1-11

 

Jour de joie pour notre Eglise ! Encore un !
Il y a un peu plus de deux semaines, portés par la joie pascale, en Eglise, nous avons célébré l’Ascension à Profest reconnaissants et confiants que «l’Avenir est entre Ses mains».
Aujourd’hui, dans la force du Souffle de Pentecôte célébrée dimanche dernier, nous nous apprêtons à consacrer au ministère pastoral 3 serviteurs qui ont répondu positivement à l’Appel que le Seigneur leur adressait.
Oui, jour de joie et de reconnaissance que d’entourer ce jour Michel, Yann et Emmanuel !
Aucun des trois n’est un « perdreau de l’année » !
Nous entourons 3 candidats qui ont pris le temps de mûrir et d’éprouver un appel,
de discerner une vocation personnelle, voire familiale, et qui – après un 1er parcours professionnel – ont consenti à des études et une préparation ecclésiale longues et exigeantes !
Trois candidats qui ont décidé de réorienter leur existence pour se placer au service du Dieu Tout Aimant en déposant leur existence et leur avenir entre Ses mains. (Profest)
Ils se présentent à Lui comme le bloc d’argile entre les mains du Potier: disponibles pour que leur vie s’ajuste aux projets que Lui conçoit pour Sa Création.
Argile malléable pour qu’ils s’adaptent et prennent la forme de la mission que Dieu leur confie. Or la mission est loin d’être facile !

Vandaag omringen wij Michel, Yann en Emmanuel met grote dankbaarheid.

Hun weg naar het ambt is geen toevallige stap en geen kort enthousiasme geweest. Het is een weg van luisteren, onderscheiden, studeren, volhouden en opnieuw beginnen.

Na een eerste beroepsleven hebben zij aanvaard om hun bestaan anders te richten, in dienst van de God die roept en draagt. Zoals klei in de handen van de pottenbakker stellen zij zich beschikbaar: niet als mensen die alles al weten of beheersen, maar als dienaren die zich laten vormen.

Dat is de vreugde van deze dag: dat God nog altijd mensen roept, met hun geschie-denis, hun gaven en hun grenzen, om zijn liefde zichtbaar te maken in de wereld.

 

Oui, la mission est loin d’être facile ! Nous le voyons dans cette correspondance de Paul avec la communauté de Corinthe.
De multiples épreuves ont jalonné et continuent de jalonner le parcours de l’apôtre qui lutte sans cesse avec ceux qui attendent de lui prestance, efficacité, éloquence, bling-bling, puisqu’il revendique annoncer un message puissant – entre la grandeur du message qu’il annonce et la manière dont il l’annonce, il y a une fameuse différence !
Rien de très glorieux dans la manière dont Paul annonce un Messie Crucifié.

Paul est pris en tension entre la fidélité à Celui qui l’a appelé et les attentes de ceux auxquels il adresse son message – lourdeur et difficulté de la mission, hier comme aujourd’hui : au cœur d’une société qui se fragmente, se polarise de plus en plus, quel défi de faire retentir une parole de réconciliation, une parole qui rassemble, qui réunit, qui restaure et qui éclaire. « … le Dieu qui a dit : « La lumière brillera du sein des ténèbres!» a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la Gloire de Dieu sur la face du Christ. » (II Cor 4 :6)
A la manière pharisienne, ce texte de II Cor 4 manie les contrastes «Ténèbres-Lumière», «mort et vie», « vase d’argile et trésor», faiblesse et force, malheur et joie, faisant écho ainsi à nos propres existences également tendues entre notre réalité humaine faillible et la plénitude du message que nous annonçons. «Nous portons ce trésor dans des vases d’argile, afin que cette puissance supérieure soit attribuée à Dieu, et non pas à nous» (II Cor 4 : 7)
Quelle marque de confiance de la part du Créateur, bien conscient des limites de celles et ceux auxquels il confie la mission.
Il n’a pas peur de déposer, dans la vulnérabilité de ceux qu’Il missionne, le trésor qu’il destine à notre monde. Ce trésor, c’est « manifester le Christ », dans les marques de sa Vie donnée au monde, c’est d’être porteurs de cette lumière qui luit au cœur des ténèbres pour permettre de trouver le chemin vers la Vie.

 

Paulus herinnert ons eraan dat wij deze schat dragen in aarden vaten.

Dat klinkt misschien kwetsbaar, maar juist daarin ligt de kern van het Evangelie.

God vertrouwt zijn licht niet toe aan onaantastbare helden, niet aan mensen zonder barsten, maar aan mensen van vlees en bloed.

De kracht van de verkondiging ligt dus niet in onze glans, onze prestaties of onze zekerheid. Zij ligt in Christus zelf, die zich klein heeft gemaakt onder de kleinen en zwak onder de zwakken.

Daarom moeten wij onze breekbaarheid niet verbergen alsof zij een schande was.

Zij kan de plaats worden waar Gods genade zichtbaar wordt.

Zoals bij Kintsugi de breuken niet worden uitgewist maar met goud worden hernomen, zo kan de genade onze wonden opnemen in een hersteld leven.

Niet om de pijn te verheerlijken, maar om te tonen dat niets verloren hoeft te gaan in Gods hand.

 

Paul innove par rapport au Premier Testament : dans l’Ancienne Alliance, les marques de la Présence de Dieu au milieu de son peuple se trouvaient dans un coffre solide, l’Arche de l’Alliance, un objet quasi inapprochable, en tout cas intouchable (pensons à l’épisode d’Ouzza foudroyé sur place pour avoir touché l’Arche qui risquait de glisser du chariot qui la transportait (II Sam 6 : 6-7) ) et par la suite dans le Temple, à Jérusalem, les ustensiles destinés au culte étaient en métal précieux, or, argent, etc, pour célébrer la grandeur de Celui qui guidait et prenait soin de son peuple.
Ici, Paul évoque la banalité, la modestie, la simplicité de l’ustensile, sa fragilité même, renvoyant ainsi aussi à sa belle formulation «Ma force s’accomplit dans ta faiblesse» (II Cor 12 :9).
Ce sont des êtres de chair et de sang, des personnes vulnérables, des êtres de proximité qui seront les mieux à même de rendre témoignage de Celui qui s’est fait petit parmi les petits, faibles parmi les faibles, pour leur communiquer sa propre force transformatrice!
Un seul trésor donc, mais déposé dans des ustensiles divers, aux formes et aux tailles différentes, certains plus ébréchés que d’autres, certains plus usés que d’autres, certains ayant été plus malmenés que d’autres, … mais tous semblablement nécessaires dans la mission commune, dans la vie de l’Eglise.

 

 

Vous connaissez probablement cet art japonais : le KINTSUGI.

C’est une technique japonaise qui consiste à réparer des céramiques brisées en déposant de la poudre d’or et de la laque sur les fissures et les brisures.
Plutôt que de cacher ces marques que le temps et l’usage ont occasionnées sur l’objet, on les visibilise pour mettre en évidence la résilience, la capacité à aller de l’avant, et la beauté que les épreuves confèrent à l’objet.
C’est une manière d’intégrer les brisures et les réparations comme appartenant à l’histoire de l’objet – c’est devenu une philosophie de Vie.
Nous pouvons emprunter l’image et voir dans ce KINTSUGI l’effet de la Grâce sur nos vies, cette Grâce qui nous donne d’aller de l’avant, en intégrant à notre être restauré ces coups et ces brisures. C’est l’effet de la Grâce et de l’espérance de nous faire poursuivre le chemin dans la vulnérabilité et la fragilité assumés.
Qui que nous soyons, pasteurs et non pasteurs, nous sommes tous ces vases d’argile, destinés à porter le trésor du Christ mort et ressuscité, de sa Parole qui rassemble et réunit, de sa Grâce qui couvre nos erreurs de parcours et nos cibles manquées.
N’ayons pas peur de nos fragilités, des cicatrices que la vie a laissées sur nos existences, assumons-les comme le signe que la force du Christ se donne à recevoir en ces endroits. Assumons-nous comme vases d’argile pour bien laisser entendre que NOUS ne sommes pas au centre de l’attention de celles et ceux auxquels nous nous adressons, mais bien Celui qui nous missionne au cœur du monde.
Assumer sa fragilité ne signifie pas se contenter de survivre,

ou accepter d’être invisibilisés par ceux qui crient plus fort …
Assumer sa fragilité c’est revendiquer la fierté d’une minorité qui consonne aux appels des plus petits et des invisibles.
La situation socio-économique et les derniers développements politiques en Belgique nous ouvrent un boulevard d’actions et de mobilisations !
Assumer sa fragilité c’est être convaincu que le Christ peut transformer la simple eau que nous contenons en vin du Royaume, en vin de fête, comme à Cana !
De ces vases de terre que nous sommes, placées dans le coin d’une pièce, contenant simplement de l’eau, nous devenons par l’action de l’Esprit, par la Grâce du Christ, des jarres qui offrent le vin nouveau du Royaume pour étancher les soifs de notre monde. Nous offrons au monde le vin de la Vie Nouvelle qui restaure et réjouit les cœurs et les vies, nous donnons à voir ce Royaume qui renverse les postures pour mettre les derniers au premier rang.

 

Daarom is kwetsbaarheid geen nederlaag en geen excuus om ons terug te trekken.

Zij is de plaats waar Christus ons leert dienen zonder onszelf centraal te zetten. In een wereld die verdeeld is, moe, soms hard en dorstig naar verzoening, worden wij geroepen om eenvoudige kruiken te zijn.

Wij dragen misschien alleen het water van ons gewone leven, onze beperkte woorden, onze aarzelende gebaren, onze kleine trouw.

Maar Christus kan dat water veranderen in wijn: wijn van het Koninkrijk, wijn van vreugde, wijn die weer smaak geeft aan het leven, zoals in Cana.

Moge jullie bediening zo een teken worden: sober en moedig, nederig en vrij, dicht bij de kleinen en de onzichtbaren, en altijd open voor de Geest die meer doet dan wij durven hopen.

Comme simples jarres, offrons ainsi Parole et Présence qui se transformeront en VIE et en SAVEUR pour notre monde, pour entrer dans la JOIE de notre Maître.  Amen

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